De Lunel à Menton

Du 25/11/23 au 05/12/23

Deux vélos devant la mer

Après avoir passé une petite semaine de pause à Lunel, dans l’Hérault, nous voilà repartis pour de nouvelles aventures, en direction de Nice puis l’Italie ! Les températures sont pas mal descendues depuis une semaine, ça y est, l’hiver arrive !

Itinéraire prévu

Notre application de planification carto Locus (longue vie à lui ! ) , nous propose d’emprunter l’itinéraire cyclable EuroVelo 8, qui passe par l’intérieur des terres, au sein des Parcs Naturels Régionaux des Alpilles, du Lubéron et du Verdon. Pas mal ! En plus nous ne sommes pas contre éviter de passer pas la zone Marseille et compagnie, qui n’a pas l’air très safe en vélo itinérant…

Carte du sud de la France montrant un itinéraire

Itinéraire réalisé

Presque l’itinéraire prévu ! Sauf que nous avons emprunté un train (TER) pour faire le trajet Draguignan → Cagnes-sur-Mer (tout proche de Nice), du fait d’une journée ultra pluvieuse.

Cet itinéraire fut plus physique que la première partie de la traversée de la France du fait du dénivelé qui arrive assez vite à partir du PNR des Alpilles. Cependant, il traverse une grande diversité de paysages magnifiques qui valent bien cet effort.

Carte du sud de la France montrant un itinéraire

Premières journées : la faune camarguaise dans toute sa splendeur !

Avant d’atteindre le canal du Rhône à Sète à Beaucaire, nous roulons à travers la Petite Camargue. Pas de pistes cyclables mais une route secondaire peu empruntée. L’ambiance est paisible et nous apercevons de nombreuses espèces d’oiseaux, et bien-sûr beaucoup de vachettes, taureaux, chevaux Camargue ! C’est déjà bien dépaysant ! Nous terminerons la journée à camper sur les bords du Canal du Rhône à Sète.

Le canal du Rhône à Sète

Le jour suivant commence avec des paysages semblables puis nous dormons à Cavaillon , et ensuite ça commence à grimper ! Le lendemain nous traversons le Lubéron, une « région » que nous adorons, et que nous avions découvert il y a quelques temps. Nous y avions notamment loué à la journée des VTT électriques pour pouvoir nous balader avec un peu de fun dans cet environnement bien vallonné. C’est dans le Lubéron que vous trouverez le« Colorado provencal » nommé ainsi du fait de la terre rouge ocre du sol.

Julie en vélo devant le Colorado Provencal
Julie en vélo sur la route à coté d'un pont

Les beaux paysages se sont ensuite enchaînés puisque du Lubéron nous sommes arrivés dans le Verdon. Les températures étaient alors glaciales ! Mais ça en valait la peine !

Arrivés à Draguignan, nous avions réservé un logement via booking que nous avons bien galéré à trouver du fait de la très mauvaise idée (et ce n’était pas la première fois!) d’utiliser ce bon vieux Google Map. En effet, le téléphone de Julie disposant de l’application GPS Locus n’ayant plus de batterie , nous utilisons la version cycliste de google map pour les derniers kilomètres . Quelle mauvaise idée ! Cette version est horriblement mal programmée et semble prendre un malin plaisir à nous faire emprunter des chemins qui sont au choix : impraticables à vélo – dangereux – privés voir inexistants ! Bref après avoir perdu quasiment 1h dans la nuit glaciale, nous étions bien contents d’avoir une nuit au chaud après 4 nuit (pourries ! voir plus bas) en bivouac (voir article bien choisir son emplacement en bivouac). Nous en profitons également.pour laver des vêtements et mettre notre tente à sécher (la totale quoi!) Tout ça dans à peine 20m² ! Le lendemain, journée très pluvieuse, nous avions prévu d’avancer à l’abri sur notre itinéraire en prenant un train de Draguignan à Cagnes-sur-Mer où nous serions hébergés pour la nuit. A savoir , la gare de Draguignan n’est pas à Draguignan mais aux Arcs, un village que nous atteignons après 45min/1h de vélo sous la pluie. La soirée à Cagnes-sur-Mer fut très sympathique chez Maël Guégan et Alice sa femme. Également originaire de Saint-Brevin, Maël est cycliste professionnel pour une équipe nantaise mais s’entraîne sur la Côte d’Azur, le paradis des grimpeurs à pignons ! Une aubaine pour nous qui l’avons bombardés de questions ! Il nous a notamment rappelé l’importance de faire des étirements après avoir pédalé toute la journée (par exemple le soir avant de se coucher).

C’est sous un temps parfaitement ensoleillé que nous découvrons Nice à vélo le lendemain. Quel bonheur de retrouver la chaleur et la Mer ! C’est notre dernier jour en France et nous profitons bien de la soirée chez des amis également originaires de Saint-Brevin, expatriés là où le soleil règne en maître  ! Le lendemain ne fut pas de tout repos avec une bonne grimpette pour sortir de Nice, et traverser les villages suivants (Beaulieu-sur-Mer, Eze, Menton) et Monaco ! Enfin, après avoir longé le sympathique front de mer de Menton, nous atteignons la frontière franco-italienne ! Ça y est, après 19 jours de pédalage en France , nous entrons dans un nouveau pays ! Dommage, on a pas trouvé de gros panneau pour faire la photo ! On est trop contents d’entrer au paradis de la pizza napolitaine, des pâtes fraîches et de la dolce vita !

Meilleurs moments et anecdotes !

Un partenariat avec des burgers australiens ?

La journée où l’on a traversé le Lubéron, les températures étaient glaciales. Nous n’avions plus rien à manger, et comme les villages français en hiver sont souvent morts, impossible de trouver ne serait-ce même qu’une boulangerie ouverte ! On se retrouve alors à faire un détour par la ville de Pertuis, avec un vent glacial de face pour atteindre un Burger King ou un Flunch, nos derniers espoirs pour nous autres affamés en ce début d’après-midi ! Puis nous nous arrêtons net devant une chaîne de fast-food qui nous est inconnue , pourtant réputée ici, du nom de Carl Junior. Ambiance trop sympa pour un simple fast-food, employés tout sourires, chaleur et prises électriques pour recharger nos batteries , on est heureux ! Puis un homme vient nous parler avec une certaine curiosité , et on finit par comprendre qu’il est le propriétaire des lieux (en fait même le directeur général de Carl Junior France, une chaîne australienne à la base! ) Trop emballé par notre aventure, il nous offre cafés, donuts et même des bons pour deux menus dans un autre Carl Junior. Il nous met au défi d’utiliser ces menus dans un Carl Junior en Australie ! Challenge accepted !

Deux tickets d'un repas offert chez Carl Jr

Le monégasque à vélo-couché !

Dans une montée entre Nice et Monaco, à la sortie d’un tunnel, nous entendons un klaxon derrière nous . Il ne ressemble ni à un klaxon de voiture, ni à une petite sonnette de vélo . Nous apercevons alors un drôle d’engin dans notre rétroviseur , comme une mini-fusée télécommandée, pas plus haut qu’un grand chien, qui arrive à toute allure ! Intrigués nous nous arrêtons. Et là, le type émerge de sa capsule, il était comme fusionné avec sa machine au moyen d’une drôle de combinaison rouge ! En fait il s’agit d’un vélo-couché très très bas et caréné , ce qui lui prodigue une très bonne vitesse ! Ce monégasque nous apprend qu’il revient du Danemark et qu’il a fait Monaco-Danemark en seulement 2 semaines à l’aller ! Tout ça avec 40 kilos de chargement, comme nous ! Bon on attendait l’invitation a Monaco, et on l’a pas eu, dommage ! Mais quelle rencontre atypique !

Un vélo couché caréné

Les plus grosses galères/frayeurs

Monaco à vélo couché

Bien que cette ville-état soit à un million d’années de la vision que nous avons d’une société respectueuse de l’environnement, nous étions tout de même très curieux d’y passer à vélo ! Le contraste est brutal, on arrive dans un tunnel sur-fréquenté , vraiment pas safe pour les vélos ! Nous nous échappons du tunnel en entrant en plein cœur de Monte-Carlo, on reconnaît d’ailleurs certains endroits supers connus du circuit ! A quand un Grand Prix en vélo-couché ? Peut-être que l’énergumène rencontré dans son bolide à pédales un peu plus tôt l’initiera un jour , qui sait ? ! Bref, nous voici au pied du mondialement connu Yacht-Club de Monaco où sont amarrés des bateaux tous plus énormes les uns que les autres . Bon clairement on ne se sent pas à notre place avec nos petits vélos à côté de ces monstres des mers ! Et Yvan qui choisi bien son moment veut maintenant aller au p’tit coin et il peine à trouver des toilettes publiques. Autant dire que se soulager dehors est pas des plus conseillé dans cette ville ! Alors on reprend la route pour vite quitter cette atmosphère pesante. Et là commence une heure d’enfer ! La grande route principale étant fermée, tous les véhicules empruntent une voie secondaire, vraiment pas large du tout. Autant dire qu’il n’y a absolument pas la place pour des vélos, d’ailleurs y a t’ils vraiment des gens qui se baladent à vélo à Monaco? Nous n’en croiserons pas un seul ! La petite rue monte rude, on gène les belles bagnoles, on est vraiment pas à l’aise !Après une interminable montée avec une vitesse moyenne de 4km/h, et une une lutte sans merci contre sa vessie pour Yvan, enfin, nous retrouvons la France en arrivant du côté de Menton et Yvan de retrouver un petit coin d’herbes, Oufffff ! On l’a fait !

Des Yatch dans le port de Monaco
Deux vélos devant le port de Monaco

Les 4 nuits de l’enfer en bivouac

Sur cette portion, nous avons fait très fort niveau bivouacs ! Entre météo peu clémente, mauvais choix d’emplacement, (même qu’une fois on s’est fait virés par les policiers dans la nuit…), ces galères méritaient bien un article à part entière ! Ainsi vous qui nous lisez serez prévenus et normalement ce genre de situation ne devrait pas vous arriver ! (voir Bivouac)

Quelques stats !

  • Durée 7 jours
  • 7 Jours pédalés
  • +/-  403 km à vélo
  • Moyenne de +/- 57 km pédalés par jour
  • +/- 78 km en train
  • 4 nuits en bivouac
  • 1 nuit en bivouac
  • 2 nuits hébergés par des amis